Date : 26 juin

Date et ancienneté
La Journée internationale des victimes de la torture est observée chaque année le 26 juin. Elle a été instituée par la résolution 52/149 de l'Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 12 décembre 1997, à l'initiative notamment du Danemark, pays d'accueil du Conseil international pour la réhabilitation des victimes de la torture (IRCT).
La première commémoration officielle a eu lieu le 26 juin 1998. Le choix de cette date n'est pas anodin : le 26 juin 1987, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants — adoptée par l'ONU en 1984 — est entrée en vigueur. Aujourd'hui, plus de 170 États sont parties à ce traité fondamental.
Cette journée s'inscrit dans le cadre plus large du Comité contre la torture et du Mécanisme d'enquête des Nations Unies, qui veillent à l'application des normes internationales. Elle complète le 10 décembre (Journée des droits de l'homme) en mettant l'accent sur les victimes concrètes et leur parcours de reconstruction.
Qu'est-ce que la torture ?
Selon la Convention contre la torture, la torture désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne, à des fins notamment d'obtenir des informations, de punir, d'intimider ou de discriminer, lorsqu'elles sont infligées par un agent public ou à son instigation, avec son consentement ou son acquiescement.
La torture peut prendre de nombreuses formes :
Souffrances physiques : coups, électrocution, asphyxie, privation de sommeil, positions douloureuses prolongées.
Violences psychologiques : menaces, humiliations, isolement, simulations d'exécution, torture des proches.
Violences sexuelles utilisées comme arme de torture ou d'intimidation.
Détention arbitraire et conditions de détention inhumaines et dégradantes.
Les séquelles peuvent être durables : traumatismes post-traumatiques, douleurs chroniques, anxiété, dépression, ruptures familiales et sociales, difficultés professionnelles. La réhabilitation — soins médicaux, psychologiques, juridiques et sociaux — est un droit reconnu pour les survivants.
Pourquoi cette journée est-elle importante ?
Malgré son interdiction absolue, la torture persiste dans de nombreux pays, souvent dans l'ombre, sous des formes déguisées ou banalisées. Cette journée répond à des enjeux cruciaux :
Rompre le silence autour de pratiques encore occultées ou niées par certains États.
Honorer la dignité des survivants et reconnaître leur courage à témoigner.
Sensibiliser l'opinion publique à la réalité de la torture dans le monde contemporain.
Exiger la responsabilité des auteurs et l'accès à la justice pour les victimes.
Promouvoir la réhabilitation et le financement des centres spécialisés.
Former les professionnels — médecins, avocats, policiers, militaires — au respect des droits humains.
Rappeler l'interdiction absolue : la torture est un crime grave, jamais justifiable.
Des organisations comme Amnesty International, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Human Rights Watch ou l'IRCT documentent les cas, accompagnent les victimes et plaident pour l'abolition effective de la torture partout dans le monde.

La torture, un défi mondial pour les droits humains
On ne dispose pas de chiffres exhaustifs — la torture se pratique souvent en secret — mais des centaines de milliers de personnes, voire davantage, sont estimées victimes chaque année. Les contextes varient : conflits armés, régimes autoritaires, détentions policières abusives, centres de rétention migratoire ou prisons surpeuplées.
Le Fonds des Nations Unies pour les victimes de la torture, administré par l'OHCHR, finance des projets de réhabilitation dans le monde entier. Des centres IRCT, des associations locales et des structures médico-légales offrent prise en charge psychologique, soins, accompagnement juridique et aide à la réinsertion.
En Europe, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) effectue des visites dans les lieux de privation de liberté. En France, des associations comme ACAT France (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) ou le Forum des droits sur l'urgence internationale et la coopération (FIDH) œuvrent pour la prévention et le soutien aux victimes.
L'enjeu n'est pas seulement moral : la torture détruit la confiance dans les institutions, alimente les cycles de violence et contrevient aux fondements du droit international humanitaire. Lutter contre elle, c'est défendre l'État de droit et la paix à long terme.
Des journées similaires à connaître
La Journée des victimes de la torture s'inscrit dans un calendrier plus large de défense des droits humains :
La Journée des droits de l'homme, le 10 décembre, commémore l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
La Journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre, milite pour l'abolition de la peine capitale.
La Journée européenne des victimes, le 22 février, défend les droits des victimes d'infractions.
Le 26 juin est aussi la date de la Journée mondiale contre l'abus et le trafic de drogues et de la Journée internationale du dépistage de la scoliose.
Retrouvez d'autres dates dans notre rubrique journées mondiales droits ou parmi les événements de juin.
Comment participer à cette journée ?
Se informer via des sources fiables : ONU, OHCHR, Amnesty International, ACAT, IRCT.
Partager des messages de solidarité envers les survivants, sans sensationnalisme ni exploitation de leur souffrance.
Soutenir une association de défense des droits humains ou de réhabilitation des victimes.
Participer à un événement : conférence, exposition, projection de documentaire, minute de silence.
Plaider pour la ratification et l'application effective de la Convention contre la torture dans tous les pays.
Former et sensibiliser dans les écoles, universités et lieux de travail aux droits humains fondamentaux.
Refuser l'indifférence : signaler les violations documentées et soutenir les victimes dans leur accès à la justice.

Ce qu'il faut retenir
La Journée internationale des victimes de la torture, célébrée chaque 26 juin, est une journée officielle des Nations Unies depuis 1997. Elle rappelle que la torture est interdite en tout temps et en tout lieu, et que les survivants ont droit à reconnaissance, justice et réhabilitation.
Derrière les traités internationaux se trouvent des vies brisées — mais aussi des parcours de résilience lorsque la société civile, les professionnels de santé et les institutions s'engagent concrètement. Honorer les victimes, c'est refuser l'oubli et défendre une humanité où la cruauté d'État n'a plus sa place.
Questions fréquentes sur la Journée des victimes de la torture
Réponses aux questions les plus courantes sur la date, le cadre juridique et le soutien aux survivants.
Quelle est la date de la Journée des victimes de la torture ?
Elle est observée chaque année le 26 juin, conformément à la résolution 52/149 de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Qui a créé cette journée ?
Elle a été proclamée par l'Assemblée générale de l'ONU en décembre 1997, sur proposition notamment du Danemark et avec le soutien du réseau IRCT (Conseil international pour la réhabilitation des victimes de la torture).
La torture est-elle interdite par le droit international ?
Oui, absolument. La torture est interdite par la Convention contre la torture, le droit international humanitaire et le droit international coutumier. Aucune circonstance exceptionnelle ne peut la justifier.
Qu'est-ce que la Convention contre la torture ?
Adoptée en 1984 et entrée en vigueur le 26 juin 1987, cette convention oblige les États parties à prévenir la torture, à poursuivre les auteurs et à garantir réparation et réhabilitation aux victimes.
Comment aider les survivants de la torture ?
En soutenant des centres de réhabilitation spécialisés, en défendant leur accès à la justice, en luttant contre la stigmatisation et en finançant les programmes du Fonds des Nations Unies pour les victimes de la torture.
Pourquoi le 26 juin est-il une date symbolique ?
Parce que c'est le jour où, en 1987, la Convention contre la torture est entrée en vigueur — un jalon juridique majeur dans la lutte mondiale contre la cruauté d'État.